06 AVR 18 0 commentaire
Le patient, acteur de l’opération de la main

Le patient, acteur de l’opération de la main

Plus précise, moins douloureuse et plus ludique. Depuis quelques mois, une nouvelle technique d’anesthésie, très locale, permet aux patients, opérés de la main, de participer à l’opération, au cœur du bloc. Une belle avancée pour les médecins, spécialistes de microchirurgie, ravis de pouvoir bénéficier d’un petit coup de main.

 

« Allez-y, levez votre pouce. Non, toujours pas. On recommence alors ». Trois mois d’immobilisation n’y ont rien fait. Il est temps de passer au bloc, mercredi, sur les coups de 9 h 30, pour Yvette (*), victime d’une fracture du poignet après une chute. Lors de la rééducation, elle s’est aperçue que son pouce ne réagissait plus, malgré toute la volonté du monde. Un tendon rompu, il faut opérer. Le moment est bienvenu, la sexagénaire va profiter d’une nouvelle méthode d’anesthésie dispensée à la clinique Océane, à Vannes.

 

Comme dans plusieurs établissements de santé de Bretagne, la technique Walant a conquis les chirurgiens de la main sur bien des aspects. L’idée est d’amener le patient à devenir acteur de son opération grâce à une technique d’anesthésie particulière. « Contrairement à avant, où on endormait tout le bras et on réalisait un garrot, ici, le patient reste éveillé et participe, étape par étape, à l’opération », explique le Dr Jérémy Bouillis, au scalpel ce matin-là. Ce dernier est l’un des quatre chirurgiens de la main de la clinique Océane. En Bretagne, quatre centres sont accrédités SOS Main : les CHU de Brest et Rennes, la clinique Saint-Grégoire, à Rennes et celui de Vannes, donc. Ces établissements de santé assurent des urgences tout au long de l’année.

 

 

Une plus grande précision dans le geste
L’opération consiste, aujourd’hui, à ranimer l’extension du pouce, par le biais d’un tendon moteur de l’index. Une demi-heure avant l’opération chirurgicale, un médecin anesthésiste intervient, en liaison avec le chirurgien. L’objectif est de définir des zones précises, pour empêcher la douleur mais conserver la mobilité des articulations.

 

« Avec cette technique, on ne veut pas que les patients soient paralysés mais qu’ils puissent participer, précise le Dr Bouillis. Il n’a pas mal. Le fait qu’il bouge en temps réel, à notre demande, permet d’ajuster l’intervention, de modifier, ou non, ce que l’on vient de faire ». L’un des produits utilisés par les anesthésistes permet de stopper le saignement abondant. Ce qui favorise aussi l’intervention dans le cadre de la microchirurgie. Projecteurs braqués sur la table et première incision, l’opération débute.

 

 

De la pédagogie en direct
Si un linge vert sépare Yvette du chirurgien et de son aide opératoire, celle-ci est régulièrement sollicitée et suit, en direct, l’avancée de l’opération. « Il n’y a pas de changement sur l’acte chirurgical à proprement parler, prévient le Dr Bouillis, lunettes microscopiques fixées sur le nez. En revanche, en termes de pédagogie, c’est très intéressant. Par exemple, on va pouvoir montrer au patient, pendant l’opération, les gestes qu’il doit réaliser lors de sa rééducation ».

L’opération est terminée, la plaie cicatrisée. Yvette regagne sa chambre dans les étages de la clinique. Et sans écharpe pour soutenir son bras, puisque l’anesthésie était très locale. Son pouce sera maintenant protégé par une attelle en plastique, durant un petit mois. Avant de retrouver son potager, pour peu qu’elle ait la main verte.

 

* Prénom d’emprunt

 

 

© Le Télégramme – Rémy Quéméner – Mardi 3 avril 2018

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